Trop, c’est comme pas assez

  Retour

Trop, c’est comme pas assez

En matière d’examens et de traitements médicaux, en faire plus, ce n’est pas toujours mieux. C’est ce que croit la Dre Emily McDonald, la nouvelle recrue du Groupe d’étude canadien.

Spécialiste en médecine interne, elle voit des patients aux besoins médicaux complexes qui, souvent, prennent plus de 10 médicaments, et dont la prise en charge est compliquée par le risque d’interactions médicamenteuses. Sa recherche est axée sur l’élimination des pratiques peu utiles, sur la promotion des soins médicaux à valeur élevée pour les patients hospitalisés et sur la déprescription. Ainsi, ses compétences et ses intérêts sont étroitement liés à la mission du Groupe d’étude canadien.

« Je travaille à faire en sorte que les cliniciens aient des données probantes sur lesquelles se baser; je veux que nous en fassions autant que possible pour les patients, pas aux patients, explique-t-elle. Il est essentiel de mettre fin à la surutilisation des médicaments et de s’assurer que les gens reçoivent le bon traitement, pas un surtraitement. »

Dans ses fonctions au sein du Groupe d’étude canadien, elle souhaite contribuer à définir certains effets nocifs mal connus des examens et traitements trop nombreux. Par exemple, un patient pourrait se faire prescrire deux anticoagulants pour une période donnée, et s’il n’y a pas de complications, il se peut qu’il continue de prendre les deux médicaments jusqu’à ce que survienne un événement indésirable. La Dre McDonald fait la promotion d’une approche plus préventive, dans laquelle le traitement est arrêté après la période recommandée.

Elle établit un parallèle avec le dépistage et le surdiagnostic du cancer. « En soumettant les personnes à faible risque à des tests de dépistage, on finit par trouver des choses qui pourraient n’avoir eu aucune

incidence sur leur vie, mais qui vont leur causer du stress et mener à des chirurgies ou à d’autres interventions qui n’étaient pas forcément nécessaires. »

Parfaitement bilingue, la Dre McDonald a vécu dans différentes villes de l’est du Canada : d’abord à Ottawa, puis à Montréal et à Halifax. Elle s’est finalement installée à Montréal, où elle est professeure agrégée et interniste au Centre universitaire de santé McGill.

Passionnée de yoga, elle s’est tournée vers la course depuis que la pandémie a forcé les studios à fermer. Elle est aussi amatrice de bonne chère, ce qui la mène dans tous les restaurants de sushis de chaque ville qu’elle visite – et pas une huître ne lui résiste dans ses voyages!