Bulletin n° 2 – Faits et ressources sur le dépistage du cancer du sein

Bulletin n° 2 – Faits et ressources sur le dépistage du cancer du sein

Regardez le webinaire du Dre Thériault

Dr. Guylène Thériault

Dre Guylène Thériault, présidente du Groupe d’étude canadien et omnipraticienne, a animé un webinaire sur les recommandations provisoires de dépistage du cancer du sein pour informer les parties prenantes des lignes directrices.

Vous l’avez manqué ? Regardez un webinaire qui décrit comment les recommandations ont été élaborées et les données probantes tirées de l’examen exhaustif avec des conseils pour la pratique clinique. Le message essentiel est que le dépistage du cancer du sein est un choix personnel. Selon les données probantes, les recommandations suggèrent de ne pas procéder à un dépistage systématique par mammographie pour les femmes âgées de 40 à 49 ans ou de 75 ans et plus. Cependant, les femmes de 40 à 74 ans devraient recevoir de l’information sur les bénéfices et les préjudices potentiels du dépistage afin de prendre une décision qui correspond à leurs valeurs et à leurs préférences. Si une personne de cette tranche d’âge a pris connaissance de cette information et souhaite se faire dépister, on devrait lui offrir un dépistage par mammographie tous les deux ou trois ans.

Regardez le webinaire ici :


Vos commentaires sont souhaités sur la nouvelle ligne directrice provisoire

Nous souhaitons recueillir l’avis des cliniciens pendant la période de commentaires publics prolongée (jusqu’au 30 août) et vous demandons d’examiner objectivement les recommandations provisoires en vous basant sur la science, y compris les données probantes sur les valeurs et les préférences des femmes en matière de dépistage. La période de commentaires publics est prolongée pour s’assurer que le rapport de modélisation le plus récent soit disponible.

En fournissant des commentaires, vous assurerez que la version finale des lignes directrices sera claire et réalisable pour les cliniciens dans leur pratique. Nous nous engageons à examiner toutes les réponses. Retrouvez les recommandations provisoires ici.

Faites-nous part de vos impressions ici.


Message de la première ligne

« Dans un débat hautement émotif et politisé, la vraie question demeure: y-a-t-il un bénéfice à commencer le dépistage du cancer du sein à 40 ans vs à 50 ans chez les femmes à risque moyen?

Grâce à une modélisation, le GESSCP a pu répondre à cette question, à hauteur d’un peu moins de 1 décès par cancer du sein évité par 1000 femmes dépistées. Ce que les lignes directrices du GESSCP ont le mérite de faire, c’est aussi de présenter de façon factuelle les risques associés au dépistage. Parce qu’il y en a : investigations complémentaires inutiles et anxiogènes, biopsies et surdiagnostic. Ces risques ont été représentés de façon graphique par le GESSCP pour permettre aux patientes de 40 à 50 ans de faire un choix éclairé.

La recommandation finale du GESSCP n’est donc pas de déconseiller le dépistage (comme on a malheureusement pu l’entendre) mais plutôt de partager la décision avec les patientes, en tenant compte des valeurs et préférences de chacune. Ces recommandations sont basées sur un processus scientifique rigoureux dirigé par une médecin de famille qualifiée en médecine basée sur les données probantes qui s’est entourée d’une équipe diversifiée ainsi que de patientes partenaires.

Vous souhaitez débattre avec le groupe ? Les recommandations sont provisoires et ouvertes aux commentaires prolongés jusqu’au 30 août 2024.

Faites-le en utilisant des arguments rationnels, factuels et scientifiques. Parce que si on laisse les émotions et la politique s’inviter dans chaque discussion scientifique, on risque de faire de bien mauvais choix. »

 Dr. Mathieu Pelletier

Dr Mathieu Pelletier, médecin de famille, Saint-Charles-Borromée, Québec

Traduction et extrait du blog du Dr Pelletier dans Profession Santé (abonnement requis).


Renseignez-vous

Quels sont les préjudices potentiels du dépistage ?

Les préjudices potentiels du dépistage comprennent des tests supplémentaires tels que la biopsie ou l’imagerie (appelé faux positifs antérieurement) et le surdiagnostic, c’est-à-dire la détection et le traitement d’un vrai cancer qui n’aurait jamais causé de symptômes au cours de la vie de la personne.

Les données probantes ont montré que chez 1000 femmes dépistées dans la quarantaine sur une période de 10 ans:

  • Environ deux d’entre elles seront surdiagnostiquées
  • 368 subiront des tests supplémentaires
  • 55 auront des biopsies pour confirmer l’absence de cancer

Les données probantes ont également montré que moins d’un décès par cancer du sein serait évité par le dépistage sur une période de 10 ans dans ce groupe. En ce qui concerne les bénéfices d’un traitement moins agressif, nous nous sommes basés sur la modélisation. Consultez les outils de discussion pour plus d’informations.

Les patients ont besoin de renseignements sur les bénéfices et les préjudices pour prendre la décision qui leur convient.

Trouvez plus d’informations sur les bénéfices et les préjudices dans les recommandations provisoires ici.


Quelles données probantes avez-vous incluses dans les recommandations provisoires?  

Pour les femmes ayant un risque moyen ou modérément élevé de cancer du sein, nous nous sommes posé les questions suivantes :

  • Quels sont les bénéfices et les préjudices du dépistage du cancer du sein chez les femmes de 40 ans et plus ?
  • Est-ce que ces bénéfices varient selon : l’âge de début et de fin du dépistage, l’utilisation de différents tests et les intervalles entre les dépistages.
  • Quelles sont les valeurs et préférences des femmes face au dépistage du cancer du sein ?

Les données probantes pour répondre à ces questions comprenaient :


Pour ces recommandations, nous avons : 

  • 92 études observationnelles
  • 1 étude de modélisation
  • 16 études randomisées
  • 82 études sur les valeurs et préférences
  • Données de Statistiques Canada et des juridictions canadiennes 
  • Données contextuelles sur les disparités raciales (28 études observationnelles)

Nous avons effectué des analyses avec et sans l’étude CNBSS. Comme d’autres groupes (p. ex., USPSTF), les conclusions de la revue systématique n’ont pas montré de différence substantielle au niveau de la mortalité en incluant ou non cette étude.


Faits concernant les recommandations provisoires

Les recommandations provisoires ont été élaborées par le Groupe d’étude canadien, qui se compose de médecins de famille, d’infirmières praticiennes, de spécialistes et méthodologistes ayant une expertise dans les soins primaires, l’évaluation des données probantes et l’élaboration des lignes directrices en matière de soins préventifs. De plus :

  • Quatre spécialistes (une oncologue, un radio-oncologue, une chirurgienne et un radiologiste) et trois patients-partenaires faisaient partie du groupe de travail et ont été impliqués à chaque étape de la collecte des données probantes pour élaborer les recommandations provisoires.
  • Deux Centres d’analyse et de synthèse des données probantes et une équipe scientifique ont contribué à l’élaboration des recommandations provisoires.

Lisez les recommandations provisoires ici.

Qui

Ligne directrice: Centre d’analyse et de synthèse des données probantes, 4 experts du contenu (Médecin oncologue, Radio-oncologue, Chirurgien oncologue, Radiologiste), Patients-partenaires
Membres du Groupe d’étude canadien, Équipe scientifique, Équipe de modélisation

Ressources

La présidente du Groupe d’étude canadien, Dre Guylène Thériault, discute des nouvelles lignes directrices sur le dépistage du cancer du sein, ainsi que la science qui les sous-tend, dans le podcast Top MF.

Recommandations provisoires sur le dépistage du cancer du sein (GECSSP)


Outils pour les cliniciens

Outils pour les patients en soins primaires

Utilisez nos outils pour aider les patientes âgées de 40 à 74 ans à comprendre les bénéfices et les préjudices du dépistage du cancer du sein.



À venir : risque absolu vs. relatif, recommandations pour les personnes ayant des seins denses et plus