Une nouvelle ligne directrice déconseille le dépistage systématique de l’adénocarcinome œsophagien chez les personnes atteintes de RGO chronique

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Une nouvelle ligne directrice déconseille le dépistage systématique de l’adénocarcinome œsophagien chez les personnes atteintes de RGO chronique

Selon une nouvelle ligne directrice du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs, le dépistage systématique (par endoscopie digestive haute) de l’adénocarcinome œsophagien (ACO) et de ses précurseurs (œsophage de Barrett ou dysplasie) chez les personnes qui présentent un reflux gastroœsophagien (RGO) chronique n’apporterait aucun bénéfice prouvé. 

 

Le Groupe d’étude canadien recommande fortement aux cliniciens canadiens de continuer à ne pas effectuer de dépistage systématique chez ces patients. 

La ligne directrice, publiée dans le CMAJ, s’appuie sur une revue systématique rigoureuse des données probantes les plus récentes, qui n’a mis en évidence aucun bénéfice du dépistage systématique. 

 

« Compte tenu des nombreux besoins auxquels fait face le système de santé, il est important d’orienter les services vers les interventions ayant des bénéfices prouvés »explique le DrStéphane Groulx, professeur adjoint de clinique au Département des sciences de la santé communautaire de l’Université de Sherbrooke et président du groupe de travail sur l’ACO du Groupe d’étude canadien. « Les preuves n’étaient pas suffisantes pour recommander le dépistage systématique par endoscopie digestive haute de l’ACO ou de ses précurseurs, comme l’œsophage de Barrett, chez les personnes atteintes d’un RGO chronique. » 

 

Qui n’est pas visé par cette recommandation? 

La ligne directrice ne s’applique pas aux personnes qui : 

  • présentent des symptômes d’alarme pour un cancer de l’œsophage, comme des difficultés à avaler, une douleur à la déglutition, des vomissements récurrents, une perte de poids inexpliquée, de l’anémie, une perte d’appétit ou des saignements gastro-intestinaux; 
  • ont reçu un diagnostic d’œsophage de Barrett. 

 

Cliniciens 

Les cliniciens devraient être à l’affût des symptômes d’alarme et investiguerréférer et prendre en charge adéquatement les patients qui en présentent. Les cliniciens qui orientent systématiquement leurs patients sans symptômes d’alarme vers un dépistage par endoscopie digestive haute pourraient envisager d’arrêter, étant donné les nombreux besoins auxquels fait face le système de santé. 

 

Concordance avec les autres lignes directrices 

L’Association canadienne de gastroentérologie, la British Society of Gastroenterology et l’American Gastroenterological Association déconseillent toutes le dépistage systématique de la population générale atteinte d’un RGO (sans autre facteur de risque). 

 

Appui 

Le Collège des médecins de famille du Canada et l’Association des infirmières et infirmiers praticiens du Canada appuient la ligne directrice. 

 

Soutien du Partenariat canadien contre le cancer 

« Le Partenariat canadien contre le cancer (Partenariat) soutient les recommandations du Groupe d’étude canadien concernant le dépistage du cancer œsophagien chez les personnes atteintes de reflux, en particulier leur appel à la recherche de nouvelles méthodes de dépistage efficaces. Nous devons améliorer les issues cliniques des patients atteints de ce cancer particulièrement mortel, affirme le DrCraig Earle, vice-président de la lutte contre le cancer du Partenariat. Le Groupe d’étude canadien a une fois de plus mené une analyse rigoureuse des données probantes disponibles et formulé des recommandations claires, tenant compte des bénéfices et des préjudices potentiels pour les patients ainsi que des coûts pour le système de santé. » 

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