GRADE

La méthodologie «Grading of Recommendation, Assessment, Development, and Evaluation» (GRADE)

 

Public cible Recommandation forte Recommandation faible
Pour les patients/le public Nous croyons que la plupart des patients dans cette situation voudraient recevoir l’intervention recommandée et peu ne la souhaiteraient pas. Nous croyons que la plupart des patients dans cette situation voudraient recevoir l’intervention recommandée, mais plusieurs ne le souhaiteraient pas. Le choix peut différer selon les individus. Les cliniciens devraient soutenir les patients et discuter de leurs valeurs et de leurs préférences pour parvenir à une décision. Des outils décisionnels peuvent faciliter la prise de décision.
Pour les cliniciens La recommandation s’appliquerait à la majorité des individus. Il est peu probable que des outils décisionnels formels soient nécessaires pour aider les patients à prendre des décisions en accord avec leurs valeurs et leurs préférences. Nous savons que les choix appropriés peuvent différer selon les patients. Les cliniciens devraient aider chaque patient à prendre une décision en accord avec ses valeurs et ses préférences. Des outils décisionnels peuvent faciliter la prise de telles décisions.
Pour décideurs politiques et concepteurs de mesures de la qualité Dans la plupart des situations, il est possible d’adopter la recommandation à titre de politique. L’adhésion à cette recommandation issue des lignes directrices pourrait servir de critère de qualité ou d’indicateur de performance. L’élaboration de politiques nécessitera un débat de fond et la participation de diverses parties prenantes. Un processus décisionnel dûment documenté pourrait servir d’indicateur de la qualité.

 

Qualité des données probantes

Les recommandations des lignes directrices du GÉCSSP sont jugées comme étant fortes ou faibles en fonction du système «GRADE » (Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation). L’évaluation de la qualité des données probantes par le GÉCSSP correspond au niveau de confiance que les données disponibles reflètent le véritable effet théorique de l’intervention ou du service. On considère que les données probantes sont de qualité supérieure si l’on est convaincu de la proximité du véritable effet avec son estimation. Par exemple, les données probantes sont de qualité supérieure s’il existe à la fois une variété d’études sans limites importantes incluses dans l’analyse, s’il y a peu de variations entre elles et si l’intervalle de confiance de l’estimation récapitulative est étroit.

On considère que les données probantes sont de qualité moyenne si l’on estime que le véritable effet s’approche vraisemblablement de son estimation, mais qu’il y a une possibilité qu’il en diffère considérablement. Par exemple, les données probantes peuvent être de qualité moyenne si certains des énoncés suivants s’appliquent: s’il existe peu d’études, dont certaines présentent des limites mais pas de faiblesses majeures; si l’on observe quelques variations entre les études ou si l’intervalle de confiance de l’estimation récapitulative est large.

On considère que les données probantes sont de faible ou de très faible qualité si le véritable effet pourrait être considérablement différent de son estimation. Par exemple, les données probantes peuvent être de faible qualité si les études comportent des faiblesses majeures, si l’on observe des variations importantes entre elles ou si l’intervalle de confiance de l’estimation récapitulative est très large.

 

Force des recommandations

La force de nos recommandations repose sur la qualité des données probantes à l’appui mais également sur:

  • l’équilibre entre les effets désirables et indésirables;
  • la variabilité ou l’incertitude quant aux valeurs et aux préférences individuelles;
  • le fait que l’intervention constitue ou non un emploi judicieux des ressources.

Une recommandation est forte si l’on est convaincu que les effets désirables d’une intervention l’emportent sur ses effets indésirables (recommandation forte en faveur d’une intervention) ou que les effets indésirables prévalent sur les effets désirables (recommandation forte contre une intervention). Une recommandation forte suggère que l’intervention recommandée est dans l’intérêt de la plupart des individus.

Une recommandation est faible si les effets désirables l’emportent probablement sur les effets indésirables (recommandation faible en faveur d’une intervention) ou si les effets indésirables l'emportent probablement sur les effets désirables (recommandation faible contre une intervention), mais que des incertitudes subsistent. Une recommandation faible découle d’un équilibre fragile entre les effets désirables et indésirables, de données probantes de faible qualité et d’une grande variabilité quant aux valeurs et aux préférences individuelles. Une recommandation faible suggère que, selon nous, la plupart des patients dans cette situation voudraient recevoir l’intervention recommandée, mais plusieurs ne la souhaiteraient pas. Les cliniciens doivent reconnaître que les choix peuvent différer en fonction des individus et ils doivent aider chacun à prendre une décision en accord avec ses valeurs et ses préférences. L’élaboration de politiques nécessitera un débat de fond et la participation de diverses parties prenantes.

 

Source

Groupe de travail Grades of Recommendation, Assessment, Development, and Evaluation (GRADE), 2011.