Chlamydia et gonorrhée (2021)

Résumé des recommandations à l’intention des cliniciens et des décideurs 

Les présentes lignes directrices sur le dépistage de la chlamydia et de la gonorrhée s’appliquent aux personnes actives sur le plan sexuel (c’est-à-dire qui ont déjà eu des relations sexuelles orales, vaginales ou anales) âgées de moins de 30ans qui ne cherchent pas précisément à obtenir des soins pour une possible infection transmissible sexuellement (ITS) et qui ne sont pas connues comme appartenant à un groupe à risque par leur clinicien 

 

Principale recommandation 

  • Nous recommandons un dépistage opportuniste annuel de la chlamydia et de la gonorrhée chez les personnes de moins de 30 ans actives sexuellement qui ne sont pas connues comme appartenant à un groupe à risque, lors de consultations en soins primaires, au moyen d’un autoprélèvement ou d’un prélèvement fait par le médecin (recommandation conditionnelle; données de très faible certitude). 

Les fournisseurs devraient consulter les directives nationales, provinciales ou locales pertinentes pour le dépistage des personnes non connues comme appartenant à un groupe précis à risque . 

 

Méthodologie et données probantes 

Un examen systématique a été effectué pour examiner les avantages et les inconvénients du dépistage, ainsi que les valeurs et préférences des patients en ce qui a trait aux résultats potentiels du dépistage. Les données probantes disponibles sur les avantages du dépistage de la chlamydia sont incertaines, en grande partie en raison de leur faible applicabilité à la façon dont le dépistage opportuniste est effectué au Canada, par exemple : 

  • Quatre essais contrôlés randomisés (ECR) comportaient une offre de dépistage (sans égard à la participation) par invitation postale ou par éducation du public et encouragement au dépistage plutôt que par une discussion directe entre les cliniciens et les patients, et un groupe d’ECR comportait des interventions au niveau des cliniques (trousses visant à encourager les cliniciens à offrir des services de dépistage) plutôt qu’un engagement direct de la part des cliniciens, ce qui s’est traduit par une faible participation des cliniciens et peu d’offres de dépistage.  
  • Trois essais comportaient des évaluations visant seulement les personnes qui acceptaient le dépistage (personnes acceptant le dépistage), et un essai comportait l’évaluation d’une offre de dépistage parmi celles présélectionnées en raison d’un intérêt pour le dépistage (offre de dépistage, présélection), ce qui est indirectement lié à l’intérêt à l’égard du dépistage et à son acceptation chez les patients en soins primaires au Canada.  
  • Dans l’ensemble, les données probantes laissent entendre que la maladie inflammatoire pelvienne peut être réduite par une offre de test de dépistage de routine de la chlamydia en soins primaires au Canada. Aucune étude portant sur les avantages du dépistage de la gonorrhée chez les personnes à risque général n’a été recensée. 
  • Onze études sur les méfaits du dépistage de la chlamydia ont été recensées, lesquelles laissent entendre que certaines personnes se soumettant à un dépistage peuvent subir des préjudices psychosociaux (p. ex., anxiété, honte et stigmatisation); toutefois, les données probantes à cet égard sont très incertaines et ne concernent probablement qu’une faible proportion des personnes admissibles au dépistage. Aucune étude n’a examiné les méfaits du dépistage de la gonorrhée. 
  • Quatorze études visant à examiner les valeurs et les préférences des patients, ainsi que les activités de mobilisation des patients du groupe de travail, ont laissé entendre que les patients accordent la priorité aux avantages par rapport aux méfaits du dépistage, et ce, même lorsqu’ils sont mis au courant des données probantes et de leur incertitude. 
  • Compte tenu de l’avantage potentiellement important du dépistage par rapport aux préjudices et aux valeurs et préférences des patients en faveur du dépistage, le groupe de travail recommande le dépistage opportuniste de la chlamydia et de la gonorrhée en soins primaires pour les personnes de moins de 30ans.  
  • Cette recommandation est conditionnelle en raison du très faible degré de certitude des données probantes. 

 

Justification 

  • La recommandation de dépistage des personnes de moins de 30ans est fondée sur presque toutes les données probantes provenant d’études sur les moins de 30ans 
  • De plus, les taux de chlamydia et de gonorrhée augmentent chez les 25 à 29ans au Canada, les taux et le nombre total de cas étant semblables à ceux des 15 à 19ans.  
  • La recommandation de procéder également au dépistage chez les hommes est fondée sur les propriétés des réseaux sexuels (compte tenu du rôle des hommes dans la transmission de ces infections) et la possibilité de réduire les infections à la chlamydia et à la gonorrhée et leurs conséquences négatives chez les femmes (qui portent le fardeau des complications pour la santé associées à ces infections).  
  • La recommandation de dépister également la gonorrhée a été faite malgré le manque de données probantes disponibles, étant donné que de nombreux cas de gonorrhée sont asymptomatiquesjusqu’à 40 % des personnes atteintes de gonorrhée peuvent aussi être atteintes simultanément de chlamydia, et que les pratiques cliniques et les pratiques de laboratoire actuelles au Canada consistent à combiner les tests de dépistage de la gonorrhée et de la chlamydia à l’aide d’un seul échantillon. 

  

 

Documents additionnels